Urinomorphe

Urinomorphe

jeudi 17 mai 2012

L'immortel Urinomorphe prend la parole : L'envolée sauvage d'un oiseau domestique

Si un jour, dans un moment de dures paniques d'ennuies et intellectuelles, tu regardes Pierrot Le fou de Godard, tu y verras le travestissement filmique d'une Saison en enfer de Rimbaud.
Sois béni, Ange de la mer et du recyclage, les oeuvres passées se recyclent comme un pneu en sac.
Oui, possible, que je pourrais hurler devant une mer calme ou en furie.
La première fois que j'ai lu Rimbaud, c'était en 1797, j'avais déjà appréhendé sa venue, ses frasques et ses monuments à la vue de Babeuf sur l'échafaud, la tête au ciel vrillant ensanglantée et tombant dans le fond d'un panier d'osier.
Première lucidité ; et peut-être la dernière. Mais là, à la vue du sang giclant sur la foule, des vers, des phrases, des pans entiers de poèmes de Rimbaud malmenaient mon corps en le faisant frémir de volupté.
C'était des hourras de bateaux ivres sombrant dans les flots amazoniens, des festins de mal...Rimbaud, quoi !, dans mon sang vivant. Bref, j'ai senti sa puissance.
Dans le creux de mon abdomen s'ouvrait, alors, une plaie irrémédiable. Comme une sorte de vampire avide de sang, elle aspirait ma vitalité en me lassant de mon quotidien. Il lui fallait de l'air brut, un air d'ailleurs.
Je décidai, alors, d'arrêter le cours de cet ennui, en mettant fin à mes jours et à mon identité.